Dans le taxi on vous parle anglais, au souk on vous répond parfois en hindi et le muezzin appelle à la prière dans un arabe vieux de quatorze siècles. Dubaï est l’une des villes les plus multilingues du monde et la question de la langue y est plus subtile qu’il n’y paraît. L’arabe est bien la langue officielle mais plusieurs formes d’arabe cohabitent au quotidien : l’arabe coranique que l’on entend dans les mosquées, l’arabe standard des panneaux et des journaux et le dialecte émirati parlé en famille. Voici comment les reconnaître et lequel apprendre selon votre projet.
Quelle est la langue officielle de Dubaï ?
La langue officielle de Dubaï, comme de l’ensemble des Émirats arabes unis, est l’arabe. La Constitution fédérale le prévoit et c’est en arabe que sont rédigés les textes de loi et les documents administratifs. Dans la rue, la quasi-totalité des panneaux, des menus et des annonces du métro sont bilingues arabe et anglais.
Dans les faits, l’anglais sert de langue commune. Dubaï comptait environ 4,58 millions d’habitants fin 2025 selon l’organisme statistique de l’émirat et les citoyens émiratis n’en représentent qu’une petite minorité, moins d’un habitant sur dix selon les estimations les plus citées. Le reste de la population vient d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, des Philippines, d’Iran, d’Europe ou du reste du monde arabe. On entend donc aussi beaucoup d’hindi, d’ourdou, de malayalam, de tagalog ou de persan.
Trois arabes pour une seule langue
Les linguistes parlent de diglossie : une même langue existe sous une forme savante (réservée à l’écrit et aux situations formelles) et sous une forme parlée propre à chaque région. Aux Émirats s’ajoute l’arabe du Coran, qui est à la racine des deux autres et reste très présent dans la vie religieuse.
L’arabe coranique, la racine commune
L’arabe coranique (ou arabe classique) est la langue dans laquelle le Coran a été révélé au VIIème siècle. C’est de lui que descend l’arabe standard moderne : la grammaire est pour l’essentiel la même, c’est surtout le vocabulaire qui s’est enrichi de mots modernes. La différence la plus visible tient à l’écrit, puisque le texte coranique est entièrement vocalisé (les voyelles courtes sont notées) alors qu’un journal ne les indique presque jamais.
Aux Émirats, cet arabe rythme le quotidien : appel à la prière cinq fois par jour, récitations pendant le Ramadan, versets calligraphiés dans les mosquées. Beaucoup de voyageurs musulmans connaissent par cœur quelques sourates sans en comprendre le sens. C’est pour eux que des organismes comme Alimnee ont développé des formations d’arabe centrées sur la lecture et la compréhension du texte coranique. Nous y revenons plus bas.
L’arabe standard moderne ou arabe littéraire
L’arabe standard moderne, que l’on appelle aussi arabe littéraire ou fusha (الفصحى), est la forme commune aux pays arabes. C’est celle des journaux, des journaux télévisés, des discours officiels, des manuels scolaires et des panneaux routiers. Un Émirati, un Marocain et un Libanais qui parlent chacun leur dialecte peuvent avoir du mal à se comprendre. Pourtant ils lisent tous le même arabe standard. À Dubaï c’est l’arabe que vous déchiffrerez sur les enseignes, les plans de métro ou les formulaires.
Le dialecte du Golfe et l’arabe émirati
L’arabe du Golfe (appelé khaleeji) est parlé aux Émirats, en Arabie saoudite, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar et à Oman. Les Émiratis revendiquent toutefois leur propre variante, l’arabe émirati (اللهجة الإماراتية), avec ses nuances selon qu’on se trouve à Dubaï, à Abu Dhabi ou sur la côte Est.
Quelques traits permettent de le reconnaître à l’oreille. La lettre ق (qâf) se prononce souvent « g » : le café, qahwa en arabe standard, devient gahwa. La lettre ج (jîm) se transforme parfois en « y » : le poulet, dajâj, devient diyây. Le ك (kâf) glisse dans certains mots vers un « tch » : le poisson, samak, se dit samatch. Le dialecte a aussi absorbé des mots persans, anglais, hindis ou ourdous hérités de siècles de commerce maritime.
C’est la langue de la maison, du majlis, des blagues entre amis et des réseaux sociaux. Il s’y écrit souvent en caractères latins mêlés de chiffres (l’arabizi).
Les trois formes d’arabe en un coup d’œil
| Arabe coranique | Arabe standard moderne | Dialecte émirati | |
|---|---|---|---|
| Usage | Prière, récitation, textes religieux | Écrit, médias, administration, école | Vie quotidienne, famille, amis |
| Où le rencontrer à Dubaï ? | Mosquées, appel à la prière, calligraphies | Panneaux, journaux, documents officiels | Souks, majlis, radio locale |
| Écrit ? | Oui, entièrement vocalisé | Oui, sans voyelles courtes | Rarement, surtout sur les réseaux sociaux |
| Pour qui l’apprendre ? | Musulmans ou curieux qui veulent comprendre le Coran | Étudiants, professionnels, expatriés | Expatriés qui veulent s’intégrer |
Alimnee : apprendre l’arabe pour lire et comprendre le Coran
Alimnee est un organisme de formation qui enseigne l’arabe avec un objectif clair : permettre à ses apprenants de lire et de comprendre le Coran sans dépendre d’une traduction. La méthode s’adresse aux adultes, y compris aux grands débutants qui ne connaissent pas encore l’alphabet.
Le parcours est découpé en six niveaux progressifs qui couvrent la lecture, la grammaire, le vocabulaire et la compréhension des sourates. Chaque niveau s’appuie sur un livre de formation conçu par l’équipe pédagogique, résultat de près de dix années de recherche, avec les notions essentielles et des exercices corrigés. Pour réviser au quotidien, l’application Alimnee+ propose de travailler le vocabulaire et la grammaire du Coran en une vingtaine de minutes par jour. Les apprenants disposent aussi d’un espace en ligne où retrouver leurs cours et leurs exercices.
Deux formats sont proposés : des cours en classe à Paris (11ème arrondissement) ou une formation en ligne avec un suivi régulier. Ce second format intéresse particulièrement les expatriés et les futurs résidents de Dubaï, qui peuvent commencer depuis la France et continuer une fois installés. Pensez simplement au décalage horaire (deux heures en été, trois heures en hiver) si vous suivez des sessions en direct. Les avis laissés sur Google par les anciens élèves d’Alimnee sont très majoritairement positifs et soulignent souvent l’intensité du rythme autant que la clarté de la pédagogie.
Précisons-le : Alimnee n’enseigne pas le dialecte émirati. Vous n’apprendrez pas à négocier au souk avec l’accent de Deira. En revanche, maîtriser l’alphabet, la grammaire et les racines des mots de l’arabe coranique vous donne une base solide pour lire l’arabe standard des panneaux et des journaux, puis pour reconnaître de nombreux mots du dialecte, qui partagent les mêmes racines.
Où entend-on l’arabe coranique à Dubaï ?
L’appel à la prière (l’adhan) est la première rencontre de nombreux voyageurs avec l’arabe classique. Il résonne cinq fois par jour depuis les minarets, jusque dans les centres commerciaux où des salles de prière sont aménagées. Pendant le mois sacré, les prières de tarawih donnent aussi à entendre de longues récitations chaque soir. Notre article tout savoir sur le Ramadan explique comment vivre cette période en tant que visiteur.
Les mosquées sont l’autre lieu privilégié. La mosquée de Jumeirah est historiquement ouverte aux visites guidées pour les non-musulmans (vérifiez les horaires avant de vous déplacer). À une heure et demie de route, la Grande Mosquée Sheikh Zayed d’Abu Dhabi présente sur son mur de qibla les 99 noms de Dieu en calligraphie coufique. Avant de la visiter, jetez un œil à nos conseils pour savoir comment s’habiller à la mosquée Sheikh Zayed.
Enfin la calligraphie arabe est partout dans l’architecture contemporaine. La façade du Musée du Futur, par exemple, est couverte de calligraphies qui reprennent un poème (et non un texte coranique) : un bon exercice pour tester votre lecture de l’alphabet.
Quel arabe apprendre avant de partir à Dubaï ?
Tout dépend de ce que vous venez chercher. Pour un séjour touristique, l’anglais suffit largement et quelques mots d’arabe feront plaisir à vos interlocuteurs. Voici ceux qui reviennent le plus souvent :
- As-salâmou ’alaykoum (que la paix soit sur vous), à quoi l’on répond wa ’alaykoum as-salâm ;
- Marhaba ou ahlan (bonjour, bienvenue) ;
- Shukran (merci) ;
- Shlônak ? à un homme ou shlônitch ? à une femme (comment vas-tu ?, en dialecte émirati) ;
- Zein (bien) et wâyed (beaucoup), deux mots très émiratis ;
- Yallah (allez, on y va) et khalâs (c’est fini, ça suffit) ;
- Inch’Allah (si Dieu le veut) et Mâchâ’Allah (pour exprimer l’admiration).
Si vous vous installez avec vos enfants, l’arabe standard devient vite incontournable : l’arabe est enseigné à tous les élèves des écoles privées des Émirats, quelle que soit leur nationalité. Une fois sur place, l’immersion et quelques cours de dialecte feront le reste. Notre guide pour partir vivre à Dubaï détaille les autres démarches à prévoir.
Si votre motivation est spirituelle, par exemple si vous souhaitez comprendre ce que vous récitez pendant la prière ou redécouvrir les sourates du Coran que vous connaissez déjà, c’est l’arabe coranique qu’il faut viser. Une formation comme celle d’Alimnee, suivie en ligne, permet de commencer avant le départ et de poursuivre sur place.
Questions fréquentes sur la langue à Dubaï
Quelle est la langue la plus parlée à Dubaï ?
L’arabe est la langue officielle mais l’anglais est la langue la plus utilisée au quotidien entre personnes d’origines différentes. L’hindi et l’ourdou sont également très répandus en raison de l’importance de la communauté sud-asiatique.
Est-ce qu’on parle français à Dubaï ?
Très peu dans la vie courante. La communauté française est bien installée (lycées français, Alliance française, associations d’expatriés) et certains hôtels ou agences immobilières ont du personnel francophone. En dehors de ces cercles il faudra vous débrouiller en anglais.
L’arabe coranique et l’arabe littéraire, est-ce la même chose ?
Pas tout à fait. L’arabe littéraire moderne descend de l’arabe classique du Coran et en conserve la grammaire. Il s’est toutefois enrichi d’un vocabulaire contemporain. Une personne formée à l’arabe coranique, par exemple avec Alimnee, lit généralement l’arabe littéraire sans grande difficulté et n’a qu’à compléter son vocabulaire.
Peut-on visiter Dubaï sans parler arabe ?
Oui, sans aucun problème. L’anglais suffit dans les hôtels, les restaurants, les transports et les attractions. Quelques formules de politesse en arabe restent toutefois très appréciées.
Apprendre l’arabe du Coran aide-t-il à comprendre le dialecte émirati ?
En partie. Les racines des mots sont communes, ce qui aide à deviner le sens de nombreux termes. La prononciation, certaines tournures et le vocabulaire emprunté à d’autres langues demandent en revanche un apprentissage spécifique sur place.
Que vous veniez pour quelques jours de soleil ou pour construire une nouvelle vie, Dubaï vous offre une immersion rare dans une langue aux multiples visages. Commencer par l’alphabet et l’arabe du Coran est une porte d’entrée solide, surtout si la dimension spirituelle compte pour vous. Le reste viendra au contact des habitants, un shukran après l’autre.










